L'homme du passé
On ressent des belles choses
Quand on est nostalgique
Par cœur il se répète
Des verres de souvenirs
Il va mourir bientôt
D’un regard à sa montre
Il est toujours trop tôt
Pour avoir des soupirs
C’est triste un homme qui chante
Plus loin que le sommeil
Là où les deux yeux scrutent
Ce qu’ils ne savent pas voir
Il se croit déjà mort
Et chante son oraison
Mais il est seul toujours
Avec de la mémoire
Il attendra un peu
Plus tard dans l’oreiller
Pour s’en vouloir à tort
De ses noires convulsions
Il dira tout va bien
Et il rira un peu
Il mettra sur le compte
De l’ennui ses pulsions
Mais il réalisera
Que sa présence de vie
N’est que d’instants passés
Au futur au revoir
C’est le moment qui compte
Un jour on lui a dit
C’est pour ça que d’alors
Il fait du rien son art
C’est là où il va dire
Qu’il regrette sa vie
Qu’il voulait du passé
Pas plus que d’un dimanche
Un jour comme ça pluvieux
Mais bien vite asséché
Par une nuit à entendre
Le tic-tac sous sa manche
Le passé a raison
Quand il veut vivre encore
Et devenir futur
Juste par la mémoire
Ce sont ses derniers mots
L’homme est aujourd’hui mort
Il revit un peu là
Il n’est jamais trop tard

L'homme truc
L'histoire joyeuse
De l'homme admiratif
Commence dès le début
Du moment si précieux,
Ou l’homme ambitieux
Mais néanmoins hâtif
Prend la femme dans ses bras,
Car il est amoureux.
De cette union si belle
Que la nuit devient douce,
Naîtra un peu plus tard
Leur semblable en criant,
Dans une telle posture
Qu’il est ouvert à tous;
Il sera donc beau
Admiratif et bon-vivant.
L’ivrogne
Il y a près d’un lac
Souvent un ivrogne
Maladroit, vif mais triste
Je crois qu’il n’a qu’un œil
Mais moi je le fixe
Et j’attends qu’il regarde
Car toujours il regarde
Et provoque la misère
Et puis chaque fois
Je retiens l’heure exacte
Du moment si précieux
Où l’homme ouvre ses lèvres
Et remplies par le vent
Et d’une eau d’herbe plate
C’est la bouche d’un bonhomme
Sur la joue d’un pré vert

Mon ami (juillet 2003)
C’est l’hiver
J’ai un grain de raison
Dans ta main
Il est mon ami
On parle ensemble
Pourtant la neige inconnue
De son passé agricole
Ne nous écoute pas
Même lorsque aussi
Froide que la chair des fruits
Tu ouvres ta main
L’amenant à ma bouche
Tu as dans ton corps des pépins bouillonnant
D’acidité quand
Tout compte fait
Tu avales mon ami
Un marin
Je connaissais tout ça
Je connaissais le Terre
Mais le Terre passa
A détester la mer
Je connaissais les prés
Je connaissais les fleurs
Mais les fleurs ont osées
Haïr le bonheur
Je connaissais la guerre
Je connaissais la paix
Mais la paix toujours perd
Et range son épée
Je connaissais les murs
Je connaissais les pierres
Mais les pierres sont impures
Et bâties dans la terre
Je connaissais l’amour
Je connaissais le Temps
Mais le temps tous les jours
S’amuse de nous dedans
Je connaissais la pluie
Je connaissais le vent
Mais le vent la supplie
De la mouiller souvent
Je connaissais les hommes
Je connaissais leur Terre
Mais seule elle est ma pomme
Au milieu de la mer
L'anartiste poéchique
De A à Z
Soyons tout ça
Les mots nous aide
Soyons tous A
A m b i p
h o q u e , u n m o u v e m e n t