
Parmi le tumulte du système solaire cet auteur a su atteindre des sommets sur la plaine. Et parmi ses moutons ravis à la laine fétide, il a su garder ses mocassins brillants en évitant sa merde.
Quand au soir, il sirote un bourbon en compagnie de photos licencieuses de la belle époque, sa chevelure satinée frémit un peu au son d’un pipeau spirituel. S’il a mis du tabac dans son tube cigarette, c’est l’art qu’il respire, c’est l’art qu’il consume, avec Marcel Proust au mur et Mozart au piano, l’humanité s’enlise dans tous ses postillons.
Comme le Christ à l’heure de la passion, fixe plein d’espoir l’asile de son esprit, le roi Sollers lui, se projette dans l’infini du parc peuplé de femmes et d’écrits vaines. Dans ce parc que surplombent des mobiles de toutes couleurs, il n’est pas impossible qu’une curieuse solitude envahisse son joli ventre qui est l’intermédiaire entre le chaos et les restes. Alors il hésite, c’est un dubitatif, une andouillette au roquefort, le dernier Christine Angot; il jouissait naguère du goût de la littérature, mais c’est bien connu, les fumeurs ont besoin d’un peu plus de sel.Dans la blanche réflexion de l’auteur mystérieux, s’endorment les mots soumis à la masturbation des improvisations métaphysiques de ce qu’il a avalé savoir. Pour arroser tout ça, il prend un bol de bave, de celle de ses amis qui le regardent vomir. Il aime en boire beaucoup il en coule de l’encre sur son petit carnet, au moment du café. Au moment du café, il boit du thé avec un nuage de laid,le secret c’est de verser le laid avant, afin de faciliter l’émotion.
Il aime Mozart, surtout le dernier album, en live (en studio c’est moins bien). Ca il l’a écrit dans son petit carnet numéro 126, qu’il a entamé à Melun l’été dernier. Il y passe souvent quelques jours pour écouter la parole du rien, beaucoup de ses envolées lyriques ont vu le jour là-bas. Cette ville pour lui, c’est le paradis de ses ânes, ou le paradis tout court. Là-bas, dans un élégant appartement tout tapissé de lys d’or, il gribouille voluptueusement, du bout phallique de sa plume longue et dure comme une vie d’artiste, des mots ; il écrit, on le lui a appris lorsqu’il était petit. Il écrit « Ludivine », comédie en trois actes, qu’il brûlera plus tard en chantant en allemand, quand il chante, il devient tout rouge, il ressemble à Churchill en train de faire caca ; il est l’incarnation de la literràterrature mais surtout de l’expérience des limites. Ce qu’il aime plus que tout, c’est l’intelligence des autres, les limites de la compréhension : lorsque les mots semblent hors de la portée du vulgus et qu’il peut les saisir du bout de ses gros doigts boudinés.
Il a lu Sade dans le temps, aujourd’hui il aime Beigbeder ; espèrons qu’il ne lui nuise pas trop.
A m b i p
h o q u e , u n m o u v e m e n t