
J’ai fort longtemps cru en la sainte purge de la Révolution.
Puis j’ai vu la dictature des anars, les dogmes qui poussent, plus dur encore, sur la tombe des vieux dogmes, les contestataires qui se mettent d’accord, alors j’ai décidé de contester.
Je suis contestataire parce que je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas d’accord, par principe.
Ne pas être d’accord est une lutte au quotidien, le contestataire doit être capable de résister à la conviction, résister aux idées, résister aux contestataires.
Ne pas être d’accord, mais également exprimer ce désaccord.
Ne pas chercher la Révolution, ne pas croire en l’évolution, dénoncer la Négation.
S’appliquer seulement à contester.
Et s’il doit t’en coûter socialement, tu contesteras ce système qui t’entrave.
Ne jamais être d’accord, pas même avec soi.
Ami contestataire, tu chercheras toujours la faille, le côté obscur du bien, l’aliénation que représente la Liberté.
Tu contesteras ce qu’on dit castrateur et dogmatique.
Tu contesteras ce qu’on dit progressiste et juste.
Tu contesteras ce qu’ON ne dit pas.
Tu contesteras pour contester et contesteras la contestation.
Tu ne rejetteras pas, tu ne boycotteras pas, tu seras toujours à ton poste.
Ami contestataire si tu tombes, un autre, outre-tombe, contesteras à ta place.
Tu ne proposeras rien.
Tu ne changeras pas le monde.
Tu t’appliqueras seulement à chier sur tout et tous, par principe.
Tu contesteras la loi, tu contesteras l’Anarchie.
Ami contestataire, s’il t’arrivait d’être surpris, relâché, dans une molle approbation, conteste les quolibets, tu deviendras pionnier d’une nouvelle protestation.