Mercredi 21 mai 2003

Dans un vieux presbytère du Finistère, émergea de la terre une créature téméraire : Martine Basset-Clidière.

Depuis son opération du sphincter, Jean-Pierre, le commissaire divisionnaire, se défonçait à l’éther. Chaque soir après le dessert, Monsieur le commissaire repeignait ses waters en pensant à Anne Sinclair. Après ce long calvaire, il sortait prendre l’air, derrière le vieux cimetière.

Martine, ce basset prolétaire avait besoin d’un père, ce fut Monsieur Jean-Pierre Clidière.

Martine Basset-Clidière est une révolutionnaire, elle voudrait niquer sa mère alors elle poursuit des grands-mères. Martine Basset-Clidière collectionne des coléoptères ;  avec son cerveau de protozoaire, elle devint à 47 ans, l’idole littéraire de son école primaire.

Martine Basset-Clidière aime fumer de la beuher, son père le commissaire est plutôt réfractaire, un jour, il la frappa avec un camembert pour lui forger le caractère.

Martine Basset-Clidière n’a jamais lu Voltaire

Martine Basset-Clidière couche avec un notaire, elle aime les lunettes à gros verres, mais aussi les fonctionnaires du Ministère des ordures ménagères.

Martine Basset-Clidière a un ami imaginaire, il flotte dans les airs et s’appelle Gérard Miller.

Le week-end à Quimper, Martine Basset-Clidière aime boire quelques verres puis s’éclater gaiement l’arcade sourcilière.

Martine Basset-Clidière apprit à lire dans un monastère lorsqu’un jour le saint père fit d’elle une missionnaire. Martine Basset-Clidière devait écrire un dictionnaire, pour été comme hiver, tous les enfants distraire ; pour des millénaires. Alors, avec un BIC vert, Martine Basset-Clidière démarra sa carrière d’auteur somnifère.

Elle mourut avant hier d’un cerveau au cancer, oubliée et célibataire avec personne pour la mettre en bière.

Martine Basset-Clidière réchauffe vos soirées austères, pourtant personne jamais n’espère la rencontrer rue Baudelaire.

Vous autres, hommes d’affaires, mollusques des mers, purées de pommes de terre, martiens tout verts, lavandières et Bernard Werber, rangez bien vos artères dès que faiblit la lumière, car Martine Basset-Clidière vous attrape par derrière, elle vous plante ses serres et il n’y a plus rien à faire.

Martine Basset-Clidière refuse de se taire.

publié dans : Ecrit par Claire Ambi par cl&r
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