A m b i p
h o q u e , u n m o u v e m e n t
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Je vous invite aujourd'hui à découvrir la prose étonnante de mon peintre préféré à travers un écrit peu connu :
"Le divin fromage". Ce texte est issu du catalogue de l'exposition "Salvador Dali, 100 aquarelles pour La Divine Comédie", Musée Galliera, 1960.
Le romantisme a perpétré l'ignominie de faire croire que l'enfer était noir comme les mines de charbon de Gustave Doré où l'on ne voit rien. Non, L'enfer de Dante
est éclairé par le soleil et le miel de la Méditerrannée, c'est pour cela que les terreurs de mes illustrations sont analytiques, supergélatineuses avec leur coefficient de visquosité
angélique.
L'hyperesthésie digestive de deux êtres s'entre-dévorant pour la première fois peut être observée en pleinr lumière du jour frénétique de joie mystique amoniacale.
Je veux que mes aquarelles pour le Dante soient comme des empreintes légères de l'humidité d'un fromage divin ; de là leur aspect bariolé d'ailes de papillons.
La mystique, c'est le fromage ; le Christ c'est du fromage, mieux encore, des montagnes de fromage !
Saint Augustin rapporte que le Christ est dit dans la Bible Montus Coagulatus, Montus Fermentatus ; cela doit être compris comme "Véritable montagne de fromage". Ce n'est pas Dali qui le
dit, c'est Saint Augustin et Dali le redit.
Depuis les débuts divins de la Grèce immortelle, les grecs firent de l'angoisse de l'espace et du temps des dieux psychologiques et des agitations tragiques de l'âme humaine tout
l'antropomorphisme mythologique. Dans la lignée des grecs, Dali n'est satisfait que lorsqu'il fait de l'angoisse de l'espace, du temps et des agitations tragiques quantifiées de l'âme, du fromage
! Et du fromage mystique, divin.
Ambiphoque, non ?
Oh que oui, ce n'est pas le seul texte où il l'évoque !