A m b i p
h o q u e , u n m o u v e m e n t
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Dire que l’on aime ou que l’on n’aime pas ; c’est quelque chose que les gens aiment bien faire. Parce qu’on est libre, complètement libre de choisir son camp. Alors, allons-y, jouissons de ce privilège ; aimons ! Détestons ! Allons-y gaiement… Et comme dans les deux cas c’est légitime, voici ; si le cœur vous en dit, mon point de vue en un jet automatique sur la question.
Je pourrai faire une démonstration comme certains critiques qui nous fatiguent les yeux avec des calculs, des équations, des crachats mathématiques dans la soupe, des horribles jeux de mots à consonance hautaine, supérieure et humiliante ; et le plus souvent faciles, au lieu de se contenter d’expliquer pourquoi au juste ils aiment ou ils n’aiment pas. Ce travail peut carrément être noble, ça peut même être un agréable exercice de style sûrement ; mais il est critiquable. Je ne ferai donc pas de critique de l’artiste pour prouver sa présence dans notre liste, et dans nos nageoires dorsales. Oh non.
Je suis en train d’écouter Lou Reed dans l’émission « Trafic Musique » sur France 2 présentée par l’anti-Ambiphoque, Guillaume Durand. Il y a des extraits de ses chansons entre ses réponses aux questions d’Olivier Dahan. Il dit qu’il aime tout ce qui va avec le conflit, comprendre « conflit intérieur »…tiens, voilà qui pourrait m’aider pour étayer ma thèse…effectivement, le transformiste Lou connaît peut-être (ou pas ?) quelques unes des toiles de Bernard Buffet…en tout cas si les critiques, pour revenir à eux, se sont mis d’accord sur un point à un moment donné, c’est pour dire que « …la peinture de Bernard Buffet révèle certainement un cruel conflit intérieur… » Ses premières peintures sont pleines de ce que l’on peut résumer ainsi, en deux mots. Ça transpire, ça transperce avec du noir qui pleure comme des os de poulets sous la pluie, et de la couleur qui claque comme la carcasse dudit poulet dans la gueule (lire « dans la gcheûle »).

Homme à l'oeuf sur le plat-Bernard Buffet-1947
Au début c’est très triste ; souvent, c’est LA raison pour laquelle on ne l’aime pas ; mais Bernard Buffet a toujours voulu peindre LA réalité. Il est né dans la misère (la guerre, les pierres, fantôme, tapi, squelette, tic de peindre, pour toujours, à jamais), il mourra la tête dans un sac plastique pas beaucoup plus heureux, en 1999. Car l’argent ne fait pas le bonheur, et c’est là-dessus qu’on l’attaque. Avec les années Bernard vend mais alors vend…t’imagines même pas. Alors on dit de lui que c’est un nouveau riche ; parce que ah malheur le peintre aime à dépenser son argent, on dit qu’il n’a plus ou pas- c’est selon- de talent, qu’il se répète, qu’il peint pour vendre…Mais Bernard Buffet est de ceux…comment dire…il est de ceux qui sont artisans ; moi (puisque je dis ce que je veux) je le rapproche d’Andy Warohl, et oui monsieur…mais non pas dans le style … ahhh…personne ne suit… je parle de l’artiste ; même si le premier est né fauché, les deux artistes, avec leur propre style n’ont JAMAIS arrêté de composer (« Jusqu’à la décomposition, je composerai » Serge Gainsbourg) JAMAIS. Alors quand on s’approche, quand on s’intéresse, on reconnaît les périodes, les époques, l’épaississement progressif des traits pour l’un, les tableaux moins denses pour l’autre ; mais tout ça dans une patte, « d’une manière particulière » reconnaissable à 20 mètres. Toujours ce sentiment peut-être de faire de mieux en mieux, sans en être vraiment convaincu ; et donc de refaire et de recréer. On a reproché à Andy Warhol (que Bernard aimait beaucoup, d’ailleurs) dans les grandes lignes ce que l’on a reproché à Buffet.
Lou Reed chante dans une chanson qu’il aime « les images qui méritent d’être sérigraphiées »…ah la la j’ai presque envie de dire que Lou aurait pu être l’amant de Bernard…enfin bon, en gros, voilà : ART-I-SAN.
Et puis, que dire d’autre…que c’est parce qu’on l’aime qu’il est Ambiphoque ; parce qu’avec cette « manière » dont je parlais, Bernard Buffet a tout peint, de la chambre morte au bouquet de fleurs pétant de vie, des nus de 6 mètres incroyables au rues de New York oranges complètement psychédéliques, des christs, des poissons, des travestis, des arbres, des clowns bien sûr, mais des bagnoles et des Mao, des cuisines et des paysages, des rues et des tables, des gens connus et des inconnus, des japonais, des gens, des poulets, des canards et des grenouilles, des putes et des banquiers…Il faut arrêter maintenant de cracher sur ce que l’on ne connaît pas, et essayer d’apprendre à connaître…regarder les tableaux vous aller voir ; vous aller re-découvrir. Pour ça, il y a d’archi disponibles :
Bernard Buffet, le peintre crucifié par Stéphane Laurent chez Michalon
Secrets d’ateliers, Bernard Buffet avec des textes d’Annabel, chez Flammarion
Allez voir le site internet et surtout allez visiter le galerie Maurice Garnier, dans le 8ème rue Matignon (c’est LA galerie où vivent ses toiles) et y feuilleter son œuvre complète en 2 tomes.
Voilà.

Portrait de Bernard Buffet-Julo-2003
Écrivez-moi si vous avez envie d’en savoir plus, d’en parler, de pourquoi vous l’aimez, de pourquoi vous le détestez, de tout ça quoi.
interessant et exact,"c'est juste mon avis",dans la liste non exhaustive des ambiphoques qui s'ignorent je me trompe peut etre mais je n'ai pas vu francis bacon,un article,un jour?
je preche pour ma paroisse,et giacometti aussi?
a bientôt