L’apprenti jardinier a mis les bouchées doubles avant de récupérer ses habitudes au «bistrot des Joyeux ». La vérité s’y trouve dans le pastis nageant dans les verres des amis moustachus qui applaudissent ta raison d’être. Seulement voilà, un autre que lui les avait prises, ses habitudes : son verre, ses amis, son nez rouge, un autre que lui avec un tee-shirt du PSG.
Il s’appelle Jean et possède des tâches de gras sur ses chaussettes. Il est gentil mais il s’appelle Jean.
Au village, tout le monde le regarde comme un bandit ou un voleur, «celui qui a volé les habitudes ».
Et ça leur manque à tous leurs petits rituels : le Santa Barbara de la Simone, la rasade de rouge à même le fût dans la cave en cachette de Bernard, l’érection matinale d’Etienne, le brushing du mardi après-midi de Gisèle.
Même Monsieur le curé est agacé, il a cessé de cracher dans le bénitier.
La révolution qui a suivi cette mise à la réalité d’une certaine routine a coûté très cher à l’état ; mais leur message est passé, faut-il croire. En effet, lorsque le «quotidien national » a titré en Garamond corps 72 :
« Nos manques nous manquent », l’apprenti jardinier a uriné dans son pantalon. Cela le grattait beaucoup car il portait du Nylon ! Une partie de la populace se mit à chercher frénétiquement des techniques qui leur permettraient d’adopter de nouveaux tics, T.O.C. et autres troubles, à défaut de récupérer ceux qui leur étaient propres. C’était les «habitudationnistes armés ».
Un jour, l’un des leurs est allé chez le buraliste moustachu de sa rue, pour acheter des pastilles Vichy. Malheureusement jour-là il n’y avait plus rien dans l’emplacement prévu pour accueillir ces délicieux bonbons. Plus rien «la dèche » lui a gueulé fétidement le buraliste moustachu. « Prends des tic-tac ! » a-t-il enchaîné tout aussi immondément. Notre ami a reçu cette phrase très brutalement. Spirituellement. Il l’a comprise comme «Prends des tic, tac ». Prendre des tics. Aujourd’hui, ‘est un habitudationniste armé convaincu du trouble évident qui réside dans la tête de la populace.
Trop peu armés et mal : de trois pelles et une guillotine pour huit cent quatre-vingt treize hommes, le mouvement était assez peu efficace. Le voleur courait toujours, en fait, il volait toujours et le peuple était angoissé.
On ressentait un grand besoin de super-héros. On acclamait le ciel en hurlant «Oh ! Superman Oh ! Batman Oh Superwoman Oh Superbatwoman ! Venez-nous à nous, nous serions superbatcontent. »
Le lendemain, leur prière fut exaucée mais les dieux devaient être bourrés parce que dans le champ, bien au milieu, de trouvait Renéman. La Renécar était un vieux tracteur turquoise, son uniforme de super-héros était un costard de maquereau tout troué, il empestait le mauvais vin.
Mais voilà, Renéman avait d’incroyables pouvoirs.
Il prononçait les mots très joliment, et sa verve était grande. La première chose qu’il a dite après son réveil était cette parole mystérieuse «j’ai soif ! » ou autre «salope ! », « pute ! » et «pédé ! ».
Renéman n’est pas un poète mais putain ce qu’il est beau. Il possède également un énorme et superbe pénis, seulement voilà, comme il est constamment bourré, il st plutôt mou.
En outre, il pue des pieds.
Comme il était con, il s’est barré et puis comme de toute façon on n'en a rien à foutre de cette histoire de beaufs moustachus qui cherchent des tics à la con, il est temps d’être claire je t'aime.

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