C’est l’été, le lama vient de chanter le lever du jour. Le ciel est superbe et les oiseaux qui piaillent semblent annoncer que quelque chose d’extraordinaire est sur le point de se produire. Une ferme. En face : une maison bourgeoise. Blottis sous leurs édredons brodés, les habitants s'y éveillent peu à peu : une narine qui frémit, un gémissement, quelques démangeaisons, une paupière qui vibre. Au rez-de-chaussée, une jeune fille passe le balai et fume.
Après la mort de sa femme, le Comte de Douleur prit en seconde noce une matrone hystérique, Cruelle et adopta donc du même coup ses deux filles : Odieuse et Immonde, toutes deux idiotes : une gourde et une cruche. Portraitiste à la cour de sa Haute Royauté, le comte de Douleur ne regagnait son foyer que rarement. Il croyait, en bon père absent qu'il avait offert à sa fille une nouvelle famille. Malheureusement, il n’était pas un père. C’était un veuf et un artiste de surcroît.
Cendrier reconnut le pas chydermique de sa belle-mère. Elle l'entendit se racler la gorge afin de pouvoir hurler avec un maximum de puissance.
Cruelle
Le petit déjeuner n’est pas prêt ? Encore en train de planer ! Bouges-toi Cendrier !
Résolue à sa condition d’esclave domestique dans sa propre maison, la jeune fille passait ses journées à fumer pour ne plus rêver de se révolter. C’est à cause de son aura enfumée que bien vite on la nomma Cendrier. Elle-même n’imaginait pas comment elle aurait pu s’appeler. Elle avait renoncé depuis longtemps à la liberté et se contentait de faire tomber ses cendres dans le café.
Cruelle
Et tu pues en plus, sale gamine ! Tu nous tueras tous…
Cendrier
Je le pense aussi...
Admit-elle en baissant les yeux. Cruelle était sur le point de hurler, rouge, dilatée, l’œil bovin et le goitre frétillant. Elle fut pourtant interrompue par ses morveuses qui comme toujours, se disputaient pour une raison futile.
Immonde
Einh, maman que chuis ta préférée…
Odieuse
Non ! Dis-lui m’man, elle m’énerve !
Cruelle
Odieuse, lâche les cheveux de ta sœur ! Ecoutez moi bien mes chéries, vous savez bien que celle que j’aime le plus c’est…Cendrier !
Les trois dindes gloussaient à gorge déployée et tartines crachées lorsque le ding dong de la porte d’entrée vint rompre le charme de cette humiliation matinale.
Cruelle
Cendrier, la porte !
Un petit facteur lui remit une grande enveloppe carrée. Le papier était doux, épais et parfaitement lisse, en le caressant, Cendrier remarqua le cachet : le sceau magique de sa Haute Royauté. Cendrier eut le cœur serré, elle allait devoir la lire, elle seule en était capable. Elle saurait la première à quelle mondanité, à quel magnifique bal, elle aurait la tristesse de ne pas aller.
Immonde
Maamaaann…Cendrier ouvre une lettre !
Cruelle
Donne-moi ça toi ! Ooohhh, le sceau royal…Ooohhh, une invitation…
Odieuse
Où ?
Immonde
Quand ?
En choeur
Qui ?
Cruelle
Hum, euh, c’est écrit…Cendrier !
Asseyons-nous, non non pas toi. Lis.
Cendrier (lisant)
Le Petit Prince Mignon…
Soupir du chœur des dindes
Aaahhh…
Cendrier
…cherche à prendre femme…
Hystérie du chœur des dindes
Haaa...
Cendrier
C’est pourquoi, sa Haute Royauté a décidé de convier TOUTES les vierges de la galaxie impériale à un grand bal au palais du Grand Domaine des Hauteurs Splendides …
Inénarrable chœur des dinde (Eve Ruggieri)
Iiihhh !
Cendrier
…lors duquel, le Petit Prince choisira sa future épousée.
Cruelle (pleine d'espoir)
Ooohhh...
Cendrier
Le bal aura lieu à l’heure du thé et s’achèvera lorsque le Petit Prince aura choisi sa fiancée.
Cruelle (pleine d'angoisse)
Demain ! ! ! Tu as dit demain ?! Cendrier, tu as une heure pour finir tes corvées, après quoi nous devrons bichonner nos deux petites princesses.
Cendrier profita de l’enthousiasme pour filer dans son grenier et interroger la sphère.
Cendrier
Qui est Mignon ? Pourquoi se bousculerait-on pour l’épouser ?
La sphère devint rouge, s’enfuma et Mignon apparut. Le Petit Prince était un tout petit mignon. Elle le voyait : seul, assis face à un mur. Il a de grand yeux verts, on y lit l’oubli. Oublier de réfléchir, oublier de contester, oublier la solitude. Il est beau et Cendrier sent qu’elle est la seule à savoir à quel point, elle sut qu’il était sa moitié et qu’ensemble, ils auraient la force d’être libres. Elle fuma un triple calumet pour ne surtout pas y croire.
Après les corvées, la journée se passa à nettoyer, étriller, coiffer, épiler, désodoriser et repeindre les sœurs détestées. Il y eut la valse des couturiers qui présentaient par centaines, des robes superbes aux deux laiderons blasés. Odieuse aurait pu porter n’importe quoi, rien n'atténuait son air niais et renfrogné. Quant à Immonde, le but était de trouver un contenant esthétique à sa collection de bourrelets.
Sans cette sensatin éthérée de l’amour qui ne la quittait plus, Cendrier se serait sûrement beaucoup amusée de cette comédie burlesque. Cruelle était en transe. Il lui fallait marier une de ses filles.
Cruelle
Cendrier, tu les accompagneras !
Cendrier
Mais je n’ai pas de robe…
Cruelle
Peu importe, toute les jeunes filles doivent s’y présenter.
Gloussement des deux connasses
Elle nous servira de faire-valoir.
Cette nuit-là, Cendrier ne dormit pas. Alors elle continua de travailler pour pouvoir souffrir en paix le lendemain.
A cinq heures, ce fut le branle-bas de combat. C’était surréaliste. Cruelle hurlait, Odieuse et Immonde hurlaient, Médor le calamar pleuraient de terreur, tout le monde courait dans tous les sens. On aurait dit une basse-cour tchernobylisée. Cendrier qui n’avait pas dormi et beaucoup fumé, riait de bon cœur.
A midi, les deux monstres étaient presque complètement déguisés. Cendrier coiffait Odieuse, tandis que la vieille serrait le corset d’Immonde qui continuait de s’empiffrer.
Cruelle
Arrête de manger, tu vas te salir…
Immonde
Mais Maman, j’ai très très faim tu sais !
Cruelle
Pense au beau prince ma petite chérie…
Odieuse
Il est pour moi le prince, einh, maman ? Elle, elle est trop grosse !
Immonde
Et toi t’es trop moche !
Cruelle
Mais non voyons, les filles, la plus vilaine, c’est Cendrier !
Et encore des gloussements et toujours des gloussements.
Cendrier en quittant la pièce
Je vais chercher la trousse à maquillage.
Lorsqu’elle revint après un gros joint, Odieuse et Immonde voulurent se maquiller elles-mêmes. Alors Cendrier dut lire pour sa belle-mère un opus chrétien de droite tentant à démontrer que quelques recettes spirituelles simples suffisent pour atteindre et chérir le goût du bonheur.
Il fut bientôt dix-sept heures. Etant donné que l’heure du thé était fixée à dix-huit heures et que le RER pour aller au Grand Domaine des Hauteurs Splendides met une heure à y aller et qu’il ne passe que tous les quarts d’heure, oui, en effet, dix-sept heures, c’était un peu à la bourre.
Enfin les horreurs furent prêtes. Odieuse était maigre avec le teint verdâtre, elle portait une robe bouffante bleu ciel qui lui donnait un aspect général d’huître de mauvaise qualité. Immonde quant à elle, avait joué la carte de la séduction dans une robe fourreau rouge en plastique, fendue et saucissonnée comme un bondage raté. Toutes les deux étaient maquillées comme des putes.
Les putes
On est belles, einh ?
Cendrier, dans un murmure
Grotesques...
Cruelle, toujours stridente
Cendrier ! Tu n’es pas prête ? ! Veux-tu que nous soyons en retard !
Cendrier
C’est bon j’y vais comme ça.
Cruelle
En jean et en chaussettes ?! Au bal ?! Bon, file à la cave te chercher une robe ! Vite !
Alors Cendrier, pleine d’espoir soudain, se précipite à la cave et commence à chercher.
Et puis à un moment elle entend :
Odieuse
Pfff, j’veux pas rater le prince à cause d’elle !
Immonde, chouinant
Ouiii, mamaaannn…
Cruelle
Mais oui, on y va.
« Clac » dit la porte en se refermant sur les illusions de Cendrier. Elle sort un joint, très vite mouillé de larmes et se met en quête de quelque chose ressemblant à un cendrier.
Il y en a un juste sous ses yeux. Un cendrier de métal, retourné sur un petit guéridon. En le soulevant, elle croit voir une grosse luciole et puis…
La luciole
Coucou mademoiselle, je suis la fée Coucou !
Cendrier
…(que peut elle répondre à ça ?)
La fée Coucou
Tu t’en tapes ?
Cendrier
Je dois rêver, tu n’existes pas…
La fée Coucou
Ben si, puisque tu me vois !
Cendrier
…
La fée Coucou
Alors, pourquoi tu pleures ?
Cendrier
C’est Mignon…le bal…ma vie…pas de robe…dix-huit heures…toute seule…moche…
La fée Coucou
OK, pas de problème !
Cendrier
T’es vraiment une fée ? Avec des pouvoirs et tout ?
La fée Coucou
Ben oui, tu vois bien, j’ai des ailes et une baguette.
Cendrier
C’est quoi cet autocollant, là sur ton front : A ?
La fée Coucou
C’est parce que euh… je suis apprentie. Bon, passons aux choses sérieuses !
D’un coup de baguette magique, TZING : une salle de bains apparait.
La fée Coucou
Allez, prend une douche. Tiens du gel douche, ça c’est une brosse à dents, tu frottes tes dents avec, tu mets du dentifrice…
Cendrier
Le truc bleu, là ?
La fée Coucou
Oui. Frottes bien. Tiens, le shampooing et le peigne.
Cendrier
…euh…
La fée Coucou
C’est pour les cheveux !
Cendrier
Ah oui, d’accord.
Pendant que Coucou finissait de repasser son jean tout propre, Cendrier roula un joint.
Cendrier
Tu sais, j’aimerais vraiment pouvoir lui parler, je suis sûr que c’est lui…
La fée Coucou
Ne fume pas ! Tu vas avoir une haleine de cendrier…
Cendrier
Je suis Cendrier.
La fée Coucou
… (ben oui)
La fée Coucou
Tiens, mets des chaussures !
Cendrier
Non merci, j’aime pas ça.
La fée Coucou
Alors allons-y.
Cendrier
Comment ?
La fée Coucou
Prends ce balai là-bas. Avec un peu de poudre de fée, il t’emmènera où tu le souhaites.
Cendrier
Merveilleux !
La fée Coucou
Attention, mes pouvoirs d’apprentie sont encore limités. Pas de magie après minuit douze. D’accord ? Sois rentrée à minuit douze.
Cendrier
…
La fée Coucou
Ne t’inquiètes pas, regarde-le, tu sauras.
Cendrier
Merci Coucou.
La fée Coucou
A bientôt petite mignonne, bonne nuit.
Cendrier au balai
Je veux voir Le Petit Prince Mignon au Palais du Grand…
Le balai
Oui, oui, je connais, c’est bon, on y est dans cinq minutes, mets la capote si tu veux fumer tranquille !
Alors, Cendrier s’éleva dans les airs et s’envola doucement au-dessus de la maison.
Le balai
Musique ?
Cendrier
T’as la musique ?
Le balai
Oui, t’aimes Ravi Shankar ?
Cendrier
Sûrement.
Le jour est en train de se coucher, la galaxie impériale semble en flammes, embuée de rouge brûlant et nappée d’orange sirupeux, tout est finalement si petit se dit Cendrier.
Le phare de Lavoiture fait virevolter dans les cieux, son rayon vert. Son signal d’espoir...
Poilu le balai, en ricanant
Vert, comme ses yeux, gnagnagna...
Cendrier ne répondit rien. Le vent est doux comme un après-midi d’été au bord d’une rivière. La nuit sent bon le silence et les bisous d’une maman. Les nuages sont pourpres ! Des centaines de papillons bleus et un dodo escortent ce beau voyage. Et puis enfin, Cendrier aperçoit le Palais.
C’est un genre de gros gâteau de cristal illuminé de toutes parts de milliers de vers luisants roses. Poilu glisse tout doucement vers le toit et y dépose la jeune fille dans le noir, avant de s’endormir.
Une voix
Je savais que tu viendrais.
Cendrier
…
La voix
Tu es très belle, quel est ton nom ?
S’accommodant à la pénombre, Cendrier vit enfin son interlocuteur. C’était lui, elle le savait bien au fond. C’est lui, ça a toujours été lui.
Cendrier
Je m’appelle… je n’ai pas de nom votre Majestuosité.
Mignon
Je te donnerai le mien.
Cendrier
Le bal n’a pas commencé ?
Mignon
Peu m'importe. Ce bal, c’est une idée de mon père qui aimerait prendre sa retraite.
Je n’ai pas envie de gouverner, je ne veux d’aucune de ces filles, je ne veux pas que l’on décide pour moi, je ne veux pas…
Cendrier
Tu veux fumer un joint ?
Mignon
Merci.
Cendrier
Tu sais je … enfin, euh…tu sais bien que je suis là parce qu’il y a ce bal...
Mignon
Non, je ne crois pas. J’ai caressé tes cheveux cette nuit.
Cendrier
Mignon, tu es un prince et moi une servante.
Mignon
Non, je ne crois pas. Prends ma main.
Le temps paraît alors ne plus exister. Lorsque l’on aime, le temps n’existe pas.
Quand on est heureux, le temps pourtant sépare les amants, il est minuit.
Cendrier
Je dois y aller !
Mignon
Ne part pas.
Cendrier
Je dois partir avant les vingt-quatre coups de minuit douze.
Mignon
Ne part plus jamais.
Cendrier
Je dois m’en aller, le destin peut-être un jour…
Mignon
Reste avec moi.
Cendrier
En route pour la maison, Poilu !
Cendrier disparut très vite, sans se retourner. Un rêve, un très beau rêve. Cendrier ne pense pas que la vie puisse être un rêve. Elle rentre à la maison. La nuit est froide et noire maintenant. Mignon, sur le toit, regarde Cendrier s’en aller. Un petit vent herbacé apporte un cadeau comme un sourire, c’est la chaussette de Cendrier, la gauche, elle est verte à rayures rouges avec un petit trou au talon. A bientôt ma douce. Nous nous reverrons.
Le lendemain, c’est l’ébullition dans toute la galaxie impériale.
« Un bal princier sans prince » titre le Colimateur indiscret.
Chez le comte de Douleur, c’est la consternation.
Lamento des volailles
Pourquoi ? ! ! !
Comme elle n’a rien à leur répondre, Cruelle allume la radio.
Une voix enrhumée
Flash spécial, nous interrompons ici la retransmission du concert de Ravi Shankar pour vous communiquer une information officielle de la plus haute importance.
Le Petit Prince Mignon est réapparu ce matin. Il dit avoir rencontré hier soir celle qu’il veut pour femme. Ne connaissant pas l’identité de cette personne, des fonctionnaires viendront aujourd’hui-même, dans chaque foyer afin d’identifier la jeune fille.
Quelle drôle d’enquête ! Chaque jeune fille voulait être l’élue alors qu’aucune n’avait même vue le prince lors du bal. Patiemment un collège de fonctionnaires faisaient essayer la chaussette à toutes les jeunes filles du royaume.
Les fonctionnaires
Trop grande !
Trop petite !
Non, non et non.
A un moment on a cru que c’était bon.
Jeune fille rusée
C’est moi, regardez, j’ai l’autre qui fait la paire !
Mais ce n’était pas elle. Le prince avait bien précisé : « L’autre chaussette est jaune, en mohair. »
Et enfin, ding dong. Ils sont devant la maison. Cruelle, en pleine crise de démence, court un peu partout dans la pièce, fait des courbettes, tente de dire des choses mais l'excitation est trop forte et les mots sortent en tas inintelligible. Les fonctionnaires semblent blasés.
Les fonctionnaires
Combien avez-vous de filles ?
Cruelle
Deux.
Les fonctionnaires
Amenez-les dans le salon.
Cendrier punie à la cave car tout le monde était de très mauvaise humeur, épluchait depuis le lever suffisamment de gambas pour les nourrir tous pendant un an. Perplexes, les deux horreurs pomponnées pour l’occasion vinrent essayer la vieille chaussette en priant pour que quelque chose se passe. La chaussette était bien trop petite pour les gros panards d’Immonde.
Odieuse
Beurk, mais elle est sale !
Elle venait de se disqualifier à son tour sous le regard atterré de sa mère.
Le comte passant par là
Et Cendrier ?
Les fonctionnaires
Qui est-ce ?
Cruelle en sueur
La fille de mon mari…Mais ce n’est pas la peine, c’est une loque, elle n’est même pas venue au bal !
Les fonctionnaires
Le prince non plus, Madame. Nous devons la voir.
Cruelle
Si vous y tenez.
Lorsque son père vint la chercher, Cendrier se demanda quelle crasse ses demi-sœurs avaient encore bien pu inventer.
Un fonctionnaire
Asseyez-vous ici, Mademoiselle.
Cendrier
Je…euh…je n’ai pas le droit Monsieur…
Les fonctionnaires
Asseyez-vous, sur ordre de sa Haute Royauté.
Elle avait une chaussette jaune et un pied nu, les fonctionnaires se sourirent.
Les fonctionnaires
Vous devez avoir froid au pied princesse, enfilez votre chaussette !
Cendrier
Oh, ma chaussette !
Agonie du choeur des dindes (Prokovief)
Qu..qu...quoi ? !
Cendrier
Cool, vous l’avez trouvée où ?
Lorsque la chaussette fut enfilée, les pieds de Cendrier se mirent à scintiller.
La fée Coucou
Coucou, ma petite mignonne, me revoilà.
Cendrier
Salut Coucou !
La fée Coucou
Coucou vous autres. Regardez celle qui a conquis le cœur de notre Petit Prince, je l’emmène le rejoindre. Je les emmène là où leur cœur chante et là où les oiseaux sourient.
Loin des dindes et loin des royautés. Si le cœur leur en dit, ils partiront ensemble vers là où seul l’amour est digne de parler. Vous regretterez tous, leur charmante présence,
Mais avouez quand même que vous l’avez bien cherché.
Cendrier
Et bien voilà, ma famille, je m’en vais
Vous devriez sourire
Une fille de moins à aimer
Vous rendra la vie plus facile
Je m’envole vers lui
Et d’ici je m’éloigne
Pour avancer dans la vie
C’est lui que j’accompagne.
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